Insertion : redonner confiance aux plus fragiles

Mis à jour : janv. 26

C’est l’animation qui m’a le plus touchée l’an passé. Sans doute parce qu’il a le goût des premières fois et de l’authenticité. En 2020, l’association Forez entreprendre me sollicite pour intervenir auprès d’un groupe de demandeurs d’emploi en difficulté. Ma mission ? Leur redonner confiance et les aider à s’exprimer en une journée. C’est la première fois que j’expérimente mes méthodes avec un public en situation de fragilité. La mayonnaise va-t-elle prendre ?


J’imagine une journée ludique, pour déclencher des prises de conscience tout en douceur. Je veux aussi passer par le corps pour ancrer les apprentissages. Tour de table, ils sont cinq. Stressés et intimidés. L’un me fait penser à cette phrase d’un roman, « ne me secouez pas, je suis pleine de larmes ». Je démarre avec une séquence d’improvisation. D’abord faire marcher pour lâcher le mental, en se centrant sur ses sensations. Je varie les consignes, il neige, il pleut. « J’y comprends rien, il neige ou il pleut », s’agace Bernard. « t’as rien compris, il faut improviser », rétorque Jean-Luc. Merci Jean-Luc.


Ouf, ça commence à rire. Par petites touches, au travers de jeux, on explore la relation à soi, à l’autre. Dès le 3ème exercice, c’est parti. Ils sont à fond. J’esquisse un temps de relaxation. « Mais si je lâche tout, j’implose », remarque Bernard. Si juste.


Au retour du déjeuner, ils sont déjà là, 15 minutes en avance. L’après-midi, place à une nouvelle séquence pour identifier ses motivations profondes et apprendre à parler de soi. Renouer avec le plaisir qui vous anime même quand le chemin est cabossé. Je les invite à travailler en duo pour identifier leurs talents. Et à pratiquer l’écoute active. Soudain, le visage de Bernard se crispe intensément. Je m’inquiète. « Je me concentre pour écouter », me rassure-t-il. Nous terminons par un exercice de storytelling pour se présenter, le talent show. « J’ai rien à dire, j’ai rien fait de bien », se désole l’un. Vraiment ? Un souvenir revient : « quand j’avais 25 ans, je suis devenu entraîneur du club de foot du quartier. J’adorais ça. Tous les gamins voulaient venir ». Tiens, mais c’est pas rien ça ! On parle transfert de compétences.


Cercle de clôture, les visages sont lumineux. Le mien compris. Je les remercie. « Arrêtez, vous allez me faire pleurer », sourit Bernard. Je crois à une nouvelle vanne. Mais ses yeux humides me disent le contraire. J’en ressors avec une envie très forte : recommencer. 3 semaines après, Magali, leur référente professionnelle, me contacte : la dynamique de groupe a changé. Dans quelques semaines, on retente l’expérience.


(Les prénoms ont été changés par souci de confidentialité).




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